Retraite des professions libérales : régimes, calcul des droits et solutions d’épargne

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Retraite des professions libérales : régimes, calcul des droits et solutions d’épargne
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• 27 avril 2026

Le fonctionnement des régimes obligatoires selon votre activité

Le système de retraite des professions libérales repose sur une distinction entre les métiers réglementés et les professions non réglementées. Cette segmentation détermine l’interlocuteur unique pour le versement des cotisations et le calcul des futurs droits.

Les professions libérales réglementées

Les professions de santé, du droit ou de la comptabilité appartiennent à cette catégorie. Ces métiers sont rattachés à l’une des dix sections de la CNAVPL (Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales). Parmi elles, on trouve la CARPIMKO pour les infirmiers et kinésithérapeutes, la CAVEC pour les experts-comptables ou la CARMF pour les médecins. Seuls les avocats disposent d’une caisse totalement autonome, la CNBF. Le régime de ces professionnels se compose systématiquement de deux étages : une retraite de base et une retraite complémentaire gérée par leur section professionnelle.

Les professions libérales non réglementées

Ce groupe rassemble principalement les métiers du conseil, de la formation ou de l’informatique. Depuis 2018, la majorité de ces indépendants est rattachée au régime général de la Sécurité sociale (SSI). Ils bénéficient ainsi des mêmes modalités de calcul que les salariés pour leur retraite de base. Une exception demeure pour une vingtaine de métiers spécifiques, comme les architectes ou les psychologues, qui restent affiliés à la CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse).

La mécanique du calcul des droits

À l’inverse du régime des salariés qui comptabilise des trimestres sur la base du salaire annuel, les libéraux acquièrent des points. Le montant de la pension dépend du nombre de points accumulés tout au long de la carrière et de la valeur de ces points au moment du départ.

Pour la retraite de base, les cotisations sont proportionnelles aux revenus nets d’activité. Pour la retraite complémentaire, les règles varient selon les caisses : certaines appliquent des forfaits par tranches de revenus, d’autres un pourcentage fixe. Ce système par points offre une visibilité directe sur l’évolution de son capital, mais expose les revenus futurs aux décisions de revalorisation prises par les conseils d’administration des caisses.

Les solutions d’épargne pour compléter sa pension

Les régimes obligatoires garantissent rarement un maintien du niveau de vie. Le taux de remplacement, soit le rapport entre le dernier revenu et la pension, est souvent inférieur à 50 %. Pour compenser cet écart, des outils de capitalisation permettent de se constituer un patrimoine personnel.

Le plan d’épargne retraite (PER)

Le PER individuel est l’outil spécifique conçu pour les indépendants. Il remplace les anciens contrats Madelin. Son avantage réside dans la déductibilité fiscale des versements : les sommes placées viennent diminuer le bénéfice imposable, réduisant ainsi l’impôt sur le revenu de l’année en cours. Le capital reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf en cas d’achat de la résidence principale ou d’accidents de la vie. Au moment du départ, l’épargnant choisit entre le versement d’un capital ou d’une rente viagère.

L’assurance vie et l’immobilier

L’assurance vie apporte une souplesse que le PER ne possède pas. Les fonds restent disponibles à tout moment, ce qui permet de faire face à des besoins de trésorerie imprévus. Sur le plan fiscal, elle devient avantageuse après huit ans de détention.

En parallèle, l’investissement immobilier, via l’achat de murs professionnels ou de parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier), génère des revenus locatifs. Ces loyers agissent comme une pension de retraite privée, déconnectée des réformes législatives sur les régimes publics.

La vente de la patientèle ou de la clientèle

Pour certains libéraux, notamment dans le secteur médical ou juridique, la cession de l’activité représente une ressource finale.

Cependant, la valeur des clientèles libérales fluctue selon la zone géographique et l’évolution des modes d’exercice, comme le passage au salariat ou le regroupement en maisons de santé. Il est risqué de compter uniquement sur cette valorisation pour financer ses vieux jours.

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